Page 53 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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est mis à disposition du IIIe Reich, comprenant alors les usines mais aussi les mines puis, en
1942, les hommes qui sont contraints de prendre part au service militaire désormais obligatoire
dans la Wehrmacht. C’est en septembre 1940 que les Allemands découvrent du granite rose à
proximité du village de Natzweiler et dès mars 1941 Heinrich Himmler, chef de la SS, ordonne la
création d’un camp de concentration dans le but de l’exploitation de ce filon au profit de
l’Allemagne. Il faut attendre le 1er mai de la même année pour l’ouverture du Konzentrationslager
Natzweiler au lieu-dit “le Struthof”. Le camp évolue au cours des années et selon les besoins des
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nazis en commençant par être un camp fermé de catégorie II puis redevient un camp ouvert en
1942 et accueille des détenus envoyés par la Sicherheitspolizei ou “Police de sûreté”, abrégée
Sipo. Ce sont d’ailleurs les premiers déportés qui sont chargés de construire le camp et celui-ci
commence la véritable exploitation de la carrière de granite rose en mars 1942. Des modifications
contenues à être apportées au camp comme un four crématoire et en 1943, une chambre à gaz est
mise en place dans une annexe de l’auberge du Struthof à visée expérimentale. Les nazis utilisent
le camp comme un lieu d’expériences dans différents domaines comme dans le médical et
l’anatomie. Inscrit dans un large réseau de camps, le camp de Natzweiler continue à fonctionner
même après l’évacuation du camp par les nazis en raison de l’avancée des Alliés. Finalement, le
camp est découvert par les Alliés en novembre 1944 et on compte de 1941 à 1945 environ 52 000
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déportés, de plus de 30 nationalités différentes dont 17 000 morts.
● Choix du lieu
Sur le site du Struthof, deux équipements complémentaires ont été pensés pour marquer
l’emplacement de l’ancien camp de concentration. La première structure et le Mémorial aux Héros
et Martyrs de la Déportation qui est un mémorial dans sa première définition c'est-à-dire un
monument. Il est pensé dès 1945 par l’architecte en chef des Monuments Historiques, Bertrand
Monnet et ne provient donc pas d’une initiative locale. La mémoire des lieux comme les camps de
concentration peut disposer d’un traitement différent d’un massacre de civils ou d’un acte de
résistance particulièrement remarqué par le fait que le camp de concentration relève d’une histoire
nationale plus que locale et relève de la responsabilité nationale même si l’Alsace était un
65 Classification établie en 1941 par Reinhard Heydrich, chef du Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sûreté
du Reich), il définit les camps de catégorie II comme des camps pour détenus à la conscience chargée mais tout de
même encore susceptibles de rééducation.
66 Le KL Natzweiler, Site Internet du Struthof, https://www.struthof.fr/le-site/le-kl-natzweiler

