Page 55 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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qu’ont lieu les premières inhumations des déportés français dont le déporté inconnu qui sera, lui,
inhumé au niveau du Mémorial. Les corps présents dans la Nécropole Nationale sont des corps des
victimes des camps de concentration en grande majorité mais aussi de prisons et autres camps
nazis. Les deux lieux de mémoire s’inscrivent dans les sites de mémoire de la Bruche dans un
réseau qui peut être comparé à celui du Vercors avec un parcours établi conjointement.
Finalement, le Centre européen du résistant déporté (CERD) est le lieu de mémoire
remplissant la fonction de lieu de réflexion autour de la question de la déportation et à proximité
du camp. Celui-ci se pose comme une “introduction” avant la visite du camp et donne les clés de
compréhension de celui-ci. Structure inaugurée en 2005, il n’y avait donc pas de musée pour
compléter le Mémorial et la Nécropole dans une narration détaillée de l’histoire du camp.
L’architecte du lieu est Pierre-Louis Faloci, celui-ci a fait le choix d’un bâtiment assez sobre aussi
bien par les matériaux utilisés que par l’architecture dans son ensemble et des jeux de lumière
sont effectués dans les différentes pièces du Centre pour accompagner la muséographie.
Construit au-dessus de la Kartoffelkeller, cave de près de 120 mètres construite par les déportés
que les visiteurs peuvent visiter, le CERD est accessible au public et a une portée européenne.
L’histoire n’est donc pas uniquement celle du camp Natzweiler-Struthof mais plutôt des camps de
concentration dans une visée plus globale et de leur utilisation lors de la Seconde Guerre mondiale.
● Médiation et valorisation
C’est au CERD que le public est accueilli dans une démarche muséale comme observée
dans les autres structures tout au long de cet exposé. L’accent est une nouvelle fois mis sur le
public scolaire, du collège au lycée, qui occupe une place de choix dans la présentation du CERD
sur le site Internet concernant le Struthof. Les visites des scolaires sont articulées en deux temps
; visites et ateliers. Le Centre précise que sa position géographique de montagne l’expose aux
conditions climatiques et qu’une partie du site historique peut être fermée en cas de neige ou de
verglas. Les visites sont donc articulées d’un point de vue local avec un focus sur le KL-Natzweiler
lui-même avec une possibilité de mettre l’accent sur la déshumanisation ou plutôt sur le système
concentrationnaire nazi. Dans une logique victimaire associée au site que le Centre présente, il est
possible de suivre les pas d’Eugène Marlot, un déporté, ce qui donne une dimension plus humaine
et replace la place des victimes auprès des élèves. Une salle est d’ailleurs dédiée aux ateliers bien

