Page 57 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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Le lieu du massacre est désormais commémoré par un mémorial où sont inscrits la date et
les noms des victimes. En complément de cet édifice, le Musée municipal de l’Holocauste de
Kalavryta retrace le massacre. Le mémorial est une structure commémorative à l’architecture
symbolique et solennelle là où a eu lieu l’exécution du millier d’hommes du village. Le monument
est constitué d’une croix et la représentation d’une femme en position de lamentation pour
représenter les veuves ayant perdu leur mari dans le massacre. Près du mémorial, quelques
sépultures érigées à la suite de la barbarie nazie ont été conservées. Le musée, quant à lui, a été
installé dans l’école du village là où les hommes avaient été enfermés avant leur exécution. La
création d’une structure muséale vient de la Préfecture d'Achaïe soit une décision assez locale
également représentée par le choix de la municipalisation du musée. Il est régi par différentes lois
et décisions locales et par le Code Municipal conformément à l’organisation territoriale en vigueur
en Grèce. C’est le Journal Officiel qui prend la décision de transformer l’école en musée en lui
accordant le statut de monument historique protégé et qui considère le site environnant comme
site historique en 1986. Ce nouveau statut donne lieu à des restaurations et la création du musée
basé sur des études réalisées par le Ministère de la Culture avec un budget de plus d’un million
d’euros. Ce n’est pourtant que le 9 janvier 2005 que le Président de la République Constantinos
Stephanopoulos a inauguré officiellement le musée. Dans le choix du lieu du musée mais aussi du
mémorial on remarque une démarche commune de mémorialiser le lieu de massacre à l’endroit où
celui-ci a été commis. Ici comme Ascq, la figure de la victime est mise en avant avec la question
des veuves éplorées dans la réalisation du mémorial mais le musée s’axe également sur la barbarie
nazie et sur la figure des héros de Kalavryta. En prenant le déroulement du massacre de Kalavryta,
on trouve de grandes similitudes avec celui qui s’est déroulé à Ascq ; présenté simplement, les
deux communes abritent des résistants qui ont attiré l’attention des troupes nazies et ceux-ci ont
pris pour cible la population locale dans le cadre de représailles. On remarque que la place est
particulièrement laissée à la femme qui est dépeinte comme un héros ayant assuré la continuité
de Kalavryta en prenant la place des hommes massacrés. Il n’y a donc pas de discours particulier
sur la figure résistante témoignant de la différence entre les deux communes et que ces lieux de
mémoire et la mémoire en elle-même sont conditionnés par le ressenti de la population qui
n’hésite pas à faire pression sur les décisionnaires.

