Page 47 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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               locales et les structures plus importantes comme le Mémorial de la Shoah ou le Mémorial pour la

               Paix. A propos de ce dernier, Serge Barcellini parle d’une “banalisation idéologique” qui est motivée

               par  la  “volonté  économique  affichée  d’attirer  le  plus  grand  nombre  de  touristes  entraîne  un

               nécessaire  “polissage”  des  faits.  L’histoire  est  débarrassée  de  ses  aspérités,  comme  à Caen.
               Chacun  de  ces  projets  est  porteur  d’une  volonté  d’histoire  consensuelle  à  vocation  “droits de

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               l’Hommiste””.  Pourtant, le mémorial de Caen a fait l’objet de réflexion dans sa scénographie et
               son message historique par un conseil scientifique en la qualité de l’Institut d’histoire du temps

               présent (CNRS) et du Centre de recherche d’histoire quantitative (CRHQ). Les moyens utilisés à

               Ascq sont difficilement comparables, le mémorial étant basé sur une vision historique véhiculée

               par les écrits du Dr Mocq entre autres. Dans une structure comme dans l’autre, l’accent est mis

               sur la victime. A Caen, le résistant est mis en avant notamment par les figures de martyrs polonais
               ce qui associe résistant et victime dans ce qui représente, pour Sophie Wahnich, à un “brouillage

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               assez fort” . A Ascq, ce brouillage est inexistant avec le rejet total de la figure du résistant qui
               est très peu abordée dans la scénographie dans un souci de mémoire véhiculée par les familles

               des massacrés. La démarche n’est pas la même, il n’y a pas de communauté forte établie autour

               du Mémorial pour la Paix qui ne crée de lien avec aucun massacre local ni même avec les grandes

               batailles meurtrières de Normandie dans son choix de généralisation du discours. C’est ainsi que

               s’établit  la  différence  entre  les structures créées pour mémorialiser un massacre et celles qui

               touchent aux différentes étapes de la Seconde Guerre mondiale. Ces étapes sont matérialisées par

               des espaces propres comme par exemple un espace “villes détruites” où les villes évoquées sont
               internationales (Londres, Coventry, Hambourg, Dresde, Caen, Hiroshima, Leningrad) et mises sur un

               pied d’égalité dans leur traitement.



                          ●  Choix du lieu

                       Le Mémorial pour la Paix a un emplacement symbolique, les 13 premières pierres posées

               en  septembre  1986  sont  situées  sur  l’emplacement  du  poste  de  commandement  du  général

               Wilhelm Richter, commandant la 716e division d’infanterie allemande pendant le Débarquement et
               la bataille de Normandie. En dessous du bâtiment se trouve le bunker de commandement de cette


               59  Barcellini, Serge. “L’intervention de l’État dans les musées des guerres contemporaines”. Boursier, Jean-Yves.
               Musées de guerre et mémoriaux : Politiques de la mémoire.  Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, pp.
               35-48, 2005.
               60  Wahnich Sophie. “Les musées d'histoire du xxe siècle en Europe”, Études, vol. 403, no. 7-8, pp. 29-41, 2005.
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