Page 46 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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abordées sont énoncées sur le site Internet du mémorial et sont proposés des ateliers adaptés au
niveau scolaire des élèves. A la façon d’autres structures, une salle est totalement dédiée à ces
ateliers et comprise dans l’architecture même du bâtiment. Le mémorial, quand il est le fruit d’une
construction moderne, semble devoir impérativement créer un espace spécialisé dans l’accueil du
public scolaire. Dans la continuité, des médiateurs culturels sont formés au déroulement des
ateliers et savent sur quels aspects insister. Dans un même temps, la création d’une restitution
matérielle de l’atelier est souvent privilégiée. Plus encore à Paris, le devoir de mémoire et le
message pédagogique sont au cœur des préoccupations avec des ressources disponibles en ligne
pour préparer la visite puis étoffer avec une restitution en classe des thématiques abordées.
2.2. Le Mémorial pour la Paix de Caen
● Contextualisation
Né de l’initiative du maire de la ville de Caen, Jean-Marie Girault, le Mémorial pour la Paix
est un projet qui attire la reconnaissance du gouvernement avec l’intervention du Premier ministre
Jacques Chirac en 1986. Celui-ci pose la première pierre du Mémorial et le Président de la
République Française, François Mitterrand, inaugure l’établissement en 1988. Le mémorial est
même labellisé Musée de France et compte en moyenne 400 000 visiteurs par an. Il devient alors
un lieu mémoriel de grande importance à l’échelle nationale mais aussi européenne. Constitué
d’une structure moderne, le musée s’agrandit notamment en 2002 avec une aile consacrée à la
guerre froide. D’abord centré sur la Seconde Guerre mondiale, le musée s’étoffe et devient un
musée portant sur l’ensemble des conflits du XXe siècle en commençant par la fin de la Première
Guerre mondiale en 1919 jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989. Il dépasse sa seule portée
locale sur le débarquement de Normandie et apporte une réflexion plus large sur l’impact des
conflits contemporains dans nos sociétés. Les sujets abordés au Mémorial pour la Paix interrogent
la dénomination même de “mémorial” tellement les thématiques sont larges et on peut le
caractériser de “musée pour la paix” ou de “musée d’histoire”. Contrairement aux structures
étudiées et la spécificité rencontrée au Mémorial Ascq 1944, le message d’origine fait place à une
réflexion plus large et s’inscrit dans le devoir de mémoire en devenant un musée contemporain
plutôt généraliste. Peut-on alors élargir le sens du mémorial pour convenir à cet établissement ou
doit-il se contenter de véhiculer un message précis ? Le contraste est total entre les structures

