Page 21 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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publique. La création d’organisations et structures pour la conservation, valorisation et
développement des lieux de mémoire montre une volonté de renouer avec le passé et coïncide avec
la notion de “devoir de mémoire” qui accompagne les musées, mémoriaux, historiaux et autres
lieux de mémoire.
3 L’architecture des sites
.2.
Si le mémorial prend la place du monument aux morts, sa présentation lui est propre et ne
reprend pas les codes précédemment établis dans son aspect. En effet, l’iconographie des
monuments aux morts est présentée par Dominique Trouche comme étant “institutionnelle et
traditionnelle” ; on représente des faits de guerre comme la figure du soldat voire des
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représentations plus allégoriques de la veuve éplorée. Dans un cas comme dans un autre, les
représentations sont partagées par plusieurs communes ce qui n’est pas le cas des mémoriaux. Le
mémorial comme monument est tourné vers les spécificités des victimes célébrées. Ainsi, les
mémoriaux changent de forme d’une commune à une autre, d’un groupe à un autre, d’un événement
à un autre et il est difficile d’établir une unique grille de lecture de ces édifices. Le changement
opéré n’est pas seulement d’établir une nouvelle iconographie, il suit l’évolution de la place de la
victime et du discours véhiculé par le mémorial dans sa forme sociale comme politique. La façon
d’honorer ses morts semble alors être un reflet de la question des représentations et de la
perception même de l’extrême violence qui accompagne les conflits armés où la Seconde Guerre
mondiale fait office de tournant majeur. Ainsi, l’architecture des lieux de mémoire de la Seconde
Guerre mondiale est difficile à aborder comme un tout mais plutôt comme une pluralité clairement
visible. De ce fait, on compte des monuments dont l’architecture peut être qualifiée de classique
et de solennelle avec des colonnes, des arches et des sculptures symboliques d’allégories de la
justice, la liberté ou encore le sacrifice. En parallèle, des formes plutôt modernes sont établies lors
de l’explosion de la création de lieux de mémoire dédiés à la Seconde Guerre mondiale, on fait alors
appel à des architectes contemporains parfois sélectionnés par un concours et les formes des
édifices sont ainsi abstraites ou font office d’allégorie de la mémoire.
37 Trouche Dominique. Du monument aux morts au mémorial. Mondes Sociaux, juill 2015.

