Page 26 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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Bureau central de renseignement et d’action (BCRA) de Londres qui œuvre à coordonner les actions
menées sur le sol français. Ainsi, ils multiplient les charges explosives et endommagent la voie
ferrée deux fois sur la même semaine à la fin du mois de mars 1944. D’ailleurs, la deuxième
tentative qui se solde d’un échec est encadrée par des responsables Voix du Nord et du Bureau des
opérations aériennes (BOA). Dans un contexte de répression très forte de la résistance par les
armées allemandes, la vigilance est de mise et ces actes incitent la police allemande à porter son
attention sur la commune d’Ascq. Ces actions ne sont pas sans conséquences, les Ascquois
prennent conscience du potentiel danger et demandent aux résistants, dont l’identité est
largement connue par la population, de ne pas réitérer des actes de sabotage au risque de lourdes
représailles sur l’ensemble du bourg. Cette demande n’est pas respectée par le groupe d’Ascq qui
choisit de placer ses explosifs au niveau de l’aiguillage, appareil ferroviaire au niveau duquel les
trains changent de voie, avec pour but d’amplifier les dégâts et de réaliser un acte de sabotage
important. Le groupe de résistance choisit, dans la nuit du 1er au 2 avril 1944 de cibler un train de
marchandises censé passer après un train civil, l'express Lille-Bruxelles. Ces informations sont
parvenues de l’aiguilleur lui-même, André Ollivier, et le choix est fait d’agir dès que l’Express serait
passé. Les autorités nazies savent pourtant que la résistance s’organise autour d’Ascq et
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s’attendent à d’autres actions. C’est dans cette perspective que l'Obersturmführer SS Walter
Hauck intercale son train juste après l'express Lille-Bruxelles pour éviter “les bandes de terroristes
[…] particulièrement actives dans les régions à traverser” ou encore pour des “raisons de
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sécurité contre les destructions par explosif et les fusillades” . C’est donc un convoi allemand
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composé d’environ 400 hommes et de 60 chars et blindés et ayant pour destination Haubourdin
qui arrive en gare d’Ascq à la place du simple train de marchandises. Le convoi transporte des SS
issus de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend, dont les plus jeunes soldats se sont engagés à
l’âge de dix sept ans. Ils n’ont pas l’expérience de la guerre et sont largement endoctrinés par les
idéaux nazis. De plus, ils s’illustrent de par leur extrême violence vis-à-vis de la population et sont
le produit même des Jeunesses hitlériennes. La soirée précédant leur départ, les soldats sont pour
la grande majorité sous l’emprise de l’alcool et c’est dans cet état qu’ils arrivent aux abords de la
gare d’Ascq. A leur passage, un peu avant 23 heures, l’explosif est déclenché et, à cause
39 Lieutenant.
40 Jacob Louis. Crimes hitlériens, Ascq, Le Vercors, Collection Libération, Paris, Éditions Mellottée, 1946.
41 Procès-verbal d’audition sous serment du 15 septembre 1948 devant le capitaine Michel, juge d’instruction à Metz.
Dépôt dees Archuves de la Justice militaire au Blanc (Indre). 371 2/2.

