Page 19 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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compromettre la vision du lieu de massacre ayant connu une mémorialisation. D’un endroit de
recueillement et de mémoire commune, le lieu de mémoire finit par être une attraction touristique
dans un processus pourtant largement soutenu par l’Etat qui interroge la place de la politique dans
l’histoire et même dans la mémoire.
3 Les sites mis en mémoire de la Seconde Guerre mondiale
.
.
3 Le choix des sites
1.
Lors des créations de monuments aux morts en réaction à la Première Guerre mondiale, les
monuments se multiplient dans les différentes communes de France et célèbrent les morts d’une
façon très locale. Après 1945, les monuments et lieux de mémoire se retrouvent alors dans les
communes où des événements importants se sont déroulés comme des affrontements ou des
massacres de civils. Les sévices infligés par les soldats allemands directement dans les
communes françaises donnent lieu à des massacres comme à Oradour-sur-Glane ou encore Ascq,
les monuments sont d’ailleurs fréquemment isolés. La géographie des monuments ne répond plus
à l’étude réalisée par Antoine Prost, Dominique Trouche évoque une “situation spatiale (qui) est
davantage travaillée par un éclatement de sa présence sur l’ensemble du territoire” . Alors il est
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possible de se demander la raison d’un tel éclatement et quelles sont les caractéristiques qui
aboutissent à la mise en mémoire d’un site. Pour comprendre la motivation de la mémorialisation,
plusieurs facteurs majeurs qu’il convient d’évoquer ; d’abord, la question de l’importance
historique. Ce premier facteur peut sembler plutôt subjectif mais relève de recherches établies par
un comité scientifique et met en lumière la dimension historique et factuelle de la mémoire. La
pertinence de la mémorialisation d’un lieu n’est pas seul décisionnaire de la mise en mémoire mais
semble être incontournable dans son établissement général et le choix de la structure à y ériger.
Dans un même temps, la conservation du lieu peut être conséquente puisqu’il est question de
savoir comment le pérenniser ; construire une nouvelle structure ? Partir de l’existant et effectuer
des opérations de restauration et valorisation ? Des exemples divers existent, l’incontournable et
symbole du village-martyr de la Seconde Guerre mondiale étant alors le village d’Oradour-sur-Glane
qui est le parfait exemple de la conservation dans l’état d’un lieu de massacre. En effet, le parti
33 Trouche Dominique. Du monument aux morts au mémorial. Mondes Sociaux, juill 2015.

