Page 15 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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concrète. On remarque cependant dans les travaux réalisés autour des lieux de mémoire que
l’historial n’a presque aucune place et ne semble pas faire l’objet d’un intérêt particulier. Ainsi, des
historiaux voient le jour sans que la notion même ne fasse l’objet d’un débat avancé et cela pousse
à interroger ce manque de renseignement sur l’historial alors qu’il est existant à propos des faits
historiques contemporains. Des exemples sont à dégager comme les deux musées que l’on trouve
en Somme que sont l’historial de Péronne et l’historial de Thiepval. Les deux sites traitent de la
Grand Guerre et plus particulièrement de la bataille de la Somme. Péronne se place en musée de
référence de la Première Guerre mondiale là où Thiepval complète une autre structure, le Mémorial
franco-britannique de la ville.
2. L’avènement du “tourisme noir” ou tourisme mémoriel
?
2.1. Le rapport du public aux lieux de mémoire : devoir de mémoire ou curiosité morbide
La multiplication des lieux de mémoire autour, notamment, des deux conflits mondiaux,
amorce l’avènement du tourisme mémoriel aussi appelé “tourisme noir” ou encore “thanatourisme”.
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Ce dernier terme est un néologisme, tiré directement des travaux de A. V. Seaton qui a été l’un
des pionniers dans l’étude de ce phénomène et qui parle alors de “thanatourism”. Il existe aussi les
termes tourisme macabre ou morbide qui sont le résultat de la traduction de l’anglais “dark
tourism”. Ainsi, le tourisme mémoriel est défini par Géoconfluences comme “un système
touristique (impliquant pratiques et acteurs) exploitant de façon indécente la notoriété négative
de certains lieux” . La définition même de la pratique tend à la dénoncer et le tourisme noir n’est
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pas abordé comme un effet positif mais plutôt quelque chose de dérangeant qui utilise le passé
pour en tirer des leçons. A. V. Seaton lui-même trouve la source de ce tourisme dans ce que Valérie
Robin Azevedo explique comme une tradition médiévale de “déplacements centrés sur la “vision de
la mort” (thanatopsis)” . Ainsi, la question a été relevée dans le domaine des sciences sociales
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avec d’autres chercheurs comme Malcolm Foley et John Lennon qui introduisent en 2000 le “dark
tourism” ou par Laurie B. Clark en 2010 qui propose l’expression “trauma tourism”. Le premier point
22 A. V. Seaton. Guided by the dark: From thanatopsis to thanatourism. International Journal of Heritage Studies, 1996.
23 Tourisme macabre ou morbide, dark tourism, Géoconfluences,avril 2021 :
https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/tourisme-macabre-ou-morbide-dark-tourism
24 Azevedo Valérie Robin. Violences extrêmes, morts collectives et mémorialisation. cArgo - Revue internationale
d’anthropologie culturelle et sociale, 6-7, pp.7-17, 2017.

