Page 6 - Mémoire M1- Patrimoine et Musées- Hasna HATCHI
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                                                       Introduction


                       Pour  s’attacher  à  une définition de la mémorialisation, il faut d’abord se pencher sur la
               notion de mémoire qui lui est inhérente puisqu’il semble difficile de vouloir aller vers un processus

               de  mémorialisation  si  une  certaine  mémoire  n’est  pas  associée.  La  mémoire  diffère  alors  de

               l’histoire, de nombreuses définitions comparatives sont données pour dissocier les deux termes.

               Pourtant, André-Jean Tudesq prend le parti de ne pas définir l’histoire mais de l’aborder par ses

               composantes qu’il juge primordiales ; “elle traite du passé, qui peut être du passé très proche, ce

               que l’on appelle maintenant, l’histoire du temps présent [et] elle est connaissance, affectée d’une

               quadruple relativité, par l’angle d’étude du temps passé, de longue durée ou de temps court par la

               délimitation  du  domaine  étudié,  au  niveau  local,  national  ou  international,  au  niveau  global  ou
               thématique,  par  les  sources qu’elle utilise, qui sont presque toujours celles de vainqueurs, des

               gagnants, par les méthodes et les hypothèses qui la guident” . Cette vision peut largement être
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               critiquée  mais  se  place  elle-même  en  critique  de cette histoire qui ne serait plus le fruit d’un

               travail de recherche factuel, scientifique et éloigné de toute prise de parti mais finalement quelque

               chose qui est alors orienté. Ne serait-ce pourtant pas sur ce dernier point que s’opère la différence

               entre histoire et mémoire ? Géoconfluences s’avance sur une définition de la mémoire qui appuie

               l’existence  de  liens  entre  les  individus,  la  place  étant  totalement  faite  au  ressenti  et  à  la
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               personne, l’être humain.  Serait-il donc pertinent de dire que l’histoire relève de la science là où la
               mémoire relève des émotions ? Une définition stricte de la mémoire semble alors difficile à donner

               mais on relève la notion d’interaction, que cette mémoire peut être individuelle comme collective,

               qu’elle se construit au fil de l’histoire avec qui elle partage des bases indéniables mais dont le

               traitement du fait n’est pas le même.

                       Le processus de mémorialisation, directement lié à la mémoire et au lieu de mémoire, ne

               peut  se  comprendre  dans  sa  seule  lecture  et  il  convient de le mettre en regard avec d’autres
               processus  qui  viennent  le  compléter.  Ainsi,  Géoconfluences  incite  à  voir  comment  la

               mémorialisation “s’exerce dans des lieux spécifiques que la muséification peut mettre en avant



               1  André-Jean Tudesq, Histoire et Mémoire : une relation ambiguë et contradictoire, Le Temps de la mémoire II : soi et
               les autres. Presses Universitaires de Bordeaux,p. 97-106, 2007
               2  Mémoire, Géoconfluences, 2023
               http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/memoire#:~:text=La%20m%C3%A9morialisation%20est%20une%20form
               e,%C2%BB%20(Lazzarotti%2C%202019)
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